Kidnapping à Charlieu

d'après une intrigue de Mité Bertrand - Adaptation : Alain Buisson

Partant de faits historiques et d'anecdotes locales,
cette intrigue policière reste une pure fiction.
 

NOSTALGIE , NOSTALGIE...

Rentrée scolaire1961, Une jeune fille descend du car de Roanne un samedi matin à Charlieu, image du marché très paysan. Les portes des halles sont ouvertes. A l'intérieur, des femmes assises sur des bancs. Elles sont en général âgées, habillées de noir, un chapeau pour la coquetterie. Elles vendent des œufs, des salades, des poulets. La jeune fille se rend à l'école maternelle publique, charmée par les maisons à colombages, étonnée par l'animation. Son premier poste d'institutrice !

Un peu de trac mais qui disparaît vite car l'accueil de la directrice est chaleureux. L'école est surprenante. Les classes sont aménagées dans les pièces d' une grande maison. Pas de "Jules Ferry" ici. Des dessins d'enfants magnifiques sur les murs. Déjà, elles se sent un peu chez elle. Pourtant, la classe des petits est "moche". Une cloison marron dans un grand préau marron, près des toilettes. Et pourtant, ce sera son monde pendant des années. Douze exactement. Lundi, les enfants sont là. Peu nombreux. Quelques larmes, mais elles sécheront avec des jeux, du calme. Au fil des jours, les enfants arrivent plus nombreux, s'apprivoisent avec les contes, dessins, les animaux (oui ! Des canetons, poulets, hamsters, etc.)

Cette jeune fille, c'était moi. Je crois que cette école était un havre de bonheur. Quatre maîtresses formidables m'ont tout appris.

Nostalgie, nostalgie...

Quand Alain m'a contactée pour écrire une petite intrigue, je pense qu'il avait pressenti, compris qu'il y aurait beaucoup de vécu dans l'histoire et pas mal de tendresse.

Un ami (Antonio, c'est lui) a passé une partie de son enfance à Charlieu. Il était un meneur de jeu avec pas mal de culot et d' imagination.

A l 'inverse des écrits habituels, je revendique haut et fort la véracité de toutes ses "bêtises". On a parcouru les rues en rigolant, comme dans la commedia dell'arte.

Souvenir, souvenir...

Je n'ai pas résisté à l'envie de transformer l'histoire en fable. Les enfants libres jouent dans la ville. Elle leur appartient. Leur formidable énergie : leur amitié. Leur gentillesse frondeuse sans agressivité contre les adultes. Ils étaient dans leur monde d'enfants, tout simplement. Nostalgie... Est-ce encore possible ?

Le calice de pierre a aussi son histoire. Cadeau d'un archéologue de mes amis, il est sorti de terre pas loin de Charlieu. J'avais envie de le magnifier car j'ai toujours rêvé qu'il était digne d'avoir traversé les siècles. Pendant qu'on y est, pourquoi pas depuis les premiers chrétiens ? On ne prête qu'aux riches !

Qui ne se souvient du "GRENOUILLARD" ? Le personnage était assez fort pour qu'on l'évoque. Partage de souvenirs avec mon amie Michèle Radix, peintre-sculpteur. C'est elle qui se souvient du vélo du garde-champêtre et qui m'en a fourni le croquis. Digne de Jacques Tati, ce vélo !

Les écrevisses dans l'eau claire du Sornin, les rues vides de voitures, et quand il y a des voitures, quelles voitures ! Retour en 1952. Période qu'Alain aime dessiner, il la restitue, non, il la fait vivre avec une énergie dans le trait que j' aime. Et en cadeau, beaucoup d'humour.

En toute logique, la ville de Charlieu n'est-elle pas une station spatio-temporelle ? Le pont de pierre n'est-il pas l'entrée magique d'une ville où le passé nous entraîne vers nos rêves ? Suivez-nous en retrouvant, je l'espère, votre âme d'enfant.

Personnellement, j'en serais heureuse.

Mité Bertrand.

 

 


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