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An
1036 : Damas, surnommé « Damas le grand », est seigneur du
château de Semur situé entre Chalon-sur-Saône et Autun dans
le sud-ouest de la Bourgogne. Par une belle nuit, Damas
accompagne son fils Hugues « L'enfant de Semur » chez son
grand-père Geoffroy qui loge dans la grand tour carrée de sa
seigneurie. Geoffroy 1er raconte à son petit fils Hugues
alors âgé de 12ans comment est née la seigneurie des sires
de Semur, récit du grand père, du héros du coin du feu.
En
l'an 910, le duc de Bourgogne nommé « Richard le
Justicier », vainqueur des Normands, édifie des forteresses
dans son duché et devient le premier Duc de Bourgogne.
Richard le Justicier laisse les commandes d'un vaste
territoire au bord de la Loire, prêt du plateau du Brionnais,
à un seigneur nommé Freeland de Chamilly. Ce dernier
entreprend la construction d'une vaste forteresse pour se
protéger des envahisseurs pouvant venir de l'est en un lieu
nommé « Senemurus » (Semur-en- Brionnais). La baronnie de
Semur se transmet de père en fils |
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En
l'an 980, Geoffroy raconte à Hugues comment il a participé à
la bataille de Chalmoux (près de Bourbon-Lancy), un combat contre les auvergnats.
Cette
bataille lui a valu les honneurs de rencontrer un seigneur
des plus illustres de son temps : le comte de Chalon nommé
Lambert.

Lambert
avait comme épouse une grande dame, Adelaïde de Vermandois,
de ligne directe de la descendance de Charlemagne. A la mort
de Lambert en 988, Geoffroy 1er aide Adelaïde à administrer
le Comté de Chalon. Il a des vues sur Mahaut, sa fille ; il
la séduit et devient son époux. Du ventre de Mahaut naît
Damas le père de Hugues « L'enfant de Semur ».
Fin
du Xème siècle : la difficile guerre de succession de
Bourgogne qui dure plus de 10 ans.
En
1002, le duc Henri 1er confie par testament la Bourgogne à
son fils Otte Guillaume. Le roi de France Robert II le
Pieux, fils de Hugues Capet, veut étendre son autorité sur
son royaume. Il conteste le testament, mais les grands
seigneurs, se rallient à Otte Guillaume, comte de Mâcon.
Pratiquement seuls parmi les grands seigneurs, les sires de
Semur, avec l'aide de Hugues, Comte de Chalon et évêque
d'Auxerre, fils de Lambert et beau frère de Geoffroy 1er ,
soutiennent la politique royale.
Otte
Guillaume essaye d'affaiblir les sires de Semur. Il fait
appel à un puissant seigneur, nommé « Hugues le Blanc »,
propriétaire d'une forteresse situé sur le sommet d'une
montagne appelée Dun.

Hugues
le Blanc complote un plan d'attaque pour s'emparer de la
seigneurie de Semur. Sa troupe attaque le château de
Semur et tente de faire disparaître sa descendance, mais
Hugues, Comte et évêque de Chalon, accompagné d'une forte
armée, arrive par l'arrière au secours de Semur. Le seigneur
de Dun est emprisonné au château comtal de Chalon.
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Le
roi Robert II le Pieux obtient vers 1015 la soumission des
seigneurs bourguignons. La guerre de succession se termine.
Geoffroy
1er explique à Hugues, « L'enfant de Semur », qu'un
jour, lui aussi devra prendre part aux incessantes guerres
qui désolent la région et qu'il doit promettre de devenir un
grand guerrier.
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Hugues répond à son grand-père qu'il
préfèrerait étudier, travailler la pierre ou le bois plutôt
que d'apprendre à devenir un homme de combat. Geoffroy
s'interroge : il voit en Hugues un enfant intelligent.
LE
ROI DE CLUNY à l'âge de 15 ans, l'enfant Hugues de Semur
fuit la seigneurie pour se rendre à Cluny.
Historique
de Cluny :
En
l'an 910, Guillaume d'Aquitaine, voulant faire œuvre pieuse,
souhaite bâtir un monastère. Sur le conseil de quelques
religieux, c'est la
terre de Cluny qui est choisie.
Le
premier abbé s'appelle Bernon. A Bernon, succède le sage
Odon et avec lui, commence la fortune de l'abbaye. Le
modeste mais ferme Aymard succède a Odon de 942 à 954.
Malade, il délègue ses fonctions à l'abbé Mayeul de 954 et
994. Il aura comme successeur Odilon.
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A
l'âge de 15 ans, Hugues fait son entrée définitive au
monastère de Cluny. Il vit en communauté avec les moines qui
lui apprennent les sciences, les mathématiques, l'écriture,
etc… Hugues va sympathiser avec un jeune novice nommé
Hildebrant.
En
l'an 1044, les frères moines sont très vite éblouis par les
qualités de Hugues. Ils informent Odilon qui, émerveillé par
l'intelligence de Hugues, le nomme son grand prieur et lui
confie sa première mission. Hugues se rend a Worms à la Cour
d'Allemagne, pour régler un confit avec l'empereur de
Germanie Henri III qui revendique des droits sur de
nombreuses possessions de Cluny. Hugues réussit sa mission.
L'empereur et sa femme, l'impératrice Agnès (fille du Duc
d'Aquitaine) conçoivent pour lui et pour les moines de
Cluny, un respect plein de confiance et le nomment parrain
du futur héritier : Henri VI.
En
l'an 1049, Hugues devient l'abbé de Cluny. Il décide
d'appliquer la règle bénédictine élaborée au Mont Cassin par
St-Benoît à un ordre féminin : en 1061, le premier prieuré
pour femmes voit le jour à Marcigny.
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Une
fabuleuse fortune se crée pour le monastère Bourguignon.
Princes et souverains reconnaissent en Hugues les dons de
chef spirituel et de grand diplomate. Les moines sous son
commandement sont au nombre de 10 000. A Rome, les papes
menacés, lui confient les affaires les plus délicates à
résoudre. En 1073, son amie Hildebrant est nommé pape sous
le nom de Grégoire VII.
En
1088, Hugues entreprend les travaux d'un nouvel édifice :
Cluny III. Une œuvre unique, le meilleur que le génie de
chaque pays puisse créer à ce jour. Alors, Hugues pourra
contempler la grandeur de l'abbatiale avant de mourir.

En
l'an 1122, l'ordre de Cîteaux, avec le dynamisme que lui
insuffle Bernard, supplante celui de Cluny. Les premières
cisterciens mettent en pratique, eux, les règles de la
pauvreté, du silence et de la prière et une autre
architecture naît au fond des vallées.
Cluny,
comme d'autres abbayes, ne relèveront au plan spirituel, que
de Rome et sont placées sous les ordres des rois de France
Louis VI le Gros (1108-1137) et Louis VII (1137-1180).
Profitant de l'absence de ceux-ci, les grands seigneurs de
Bourgogne, essayent à nouveau de se libérer de la tutelle
royale et concluent une alliance entre eux pour piller et
dévaster les richesses de l'Eglise. A Cluny, les moines
cherchent a s'attirer la protection royale et les plaintes
parviennent jusqu'au roi.
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En
1180, Philippe Auguste est nommé roi de France. Il entend
bien être le maître du royaume et envoie une forte armée
dans la province de Bourgogne pour rétablir l'ordre. Il
s'attaque aux gros domaines et veut déposséder les grands
seigneurs puissants et gênants. En août 1180, l'armée royale
encercle la forteresse de Dun, obligeant le seigneur Artaud
de Dun à se réfugier dans sa voie souterraine secrète. Les
troupes du seigneur de Dun renoncent aux combats face à un
tel déploiement de forces et prennent la fuite. L'armée du
roi s'installe sur la montagne en face de la forteresse et,
à l'aide d'un pierrier, détruisent les fortifications à
l'exception de la chapelle que le roi exige que l'on
sauvegarde.
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A
la fin du siège, Philippe et son armée continuent leur lutte
contre la féodalité toute puissante et châtient d'autres
seigneurs ennemis des moines. Quand au vicomte Artaud de
Dun, sorti de sa tanière, il regarde au loin l'armée du roi
ne formant qu'une colonne noire à l'horizon. Arthaud perd
toute sa puissance seigneuriale. Seule, la chapelle, belle
et fière, reste sur son trône !!!
Destruction
de l'abbatiale :
L'empire
monastique de Cluny restera imposante jusqu'au XVème siècle.
Les malheurs de la guerre de cent ans, les guerres
d'indépendance vont précipiter sa décadence. Les guerres de
religions vont ruiner l'abbaye.
En
1744, enfin l'indépendance religieuse dont l'abbaye
jouissait disparaît complètement. A la veille de la
révolution de 1789, l'abbaye n'est plus qu'un grand corps
sans âme.
C'est
entre les années 1792 et 1825 que fut presque totalement
détruite. Le site servira de
carrière de pierres.
Le
visiteur trouvera aujourd'hui, au milieu des écuries d'un
haras, le long de ses rues et petites ruelles zigzagantes,
des vestiges émouvants du passé.
Cluny,
institution européenne, prit dans l'Europe Chrétienne du
XIème siècle le meilleur de ce que le génie de chaque pays
avait créé.
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| Les papes sous Saint-Hugues |
Les Abbés de Cluny
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| Léon IX |
1047-1054 |
Bernon |
909-927 |
| Victor II |
1055-1057 |
Odon |
927-942 |
| Etienne IX |
1057-1058 |
Aymar |
943-948 |
| Nicolas II |
1059-1061 |
Mayeul |
948-994 |
| Alexandre II |
1061-1073 |
Odilon |
994-1049 |
| Grégoire VII |
1073-1085 |
HUGUES |
1049-1109 |
| Victor III |
1086-1087 |
Pons |
1109-1122 |
| Urbain II |
1088-1099 |
Hugues II |
1122 |
| Pascal II |
1099-1118 |
Pierre le Vénérable |
1122-1156 |
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